Suggéré:

Jeunes reporters d'Inga

Jeunes reporters d'Inga

territoire de seke-Banza: le Secteur d'isangila oublié les voix se lèvent!

 

Au cœur du territoire de Seke-Banza, dans la province du Kongo Central, se trouve un secteur dont le nom résonne peu dans les discours officiels, mais qui porte en lui les douleurs silencieuses d’un peuple abandonné : le secteur d’Isangila. Ce coin de la République Démocratique du Congo, composé de plusieurs petits villages comme Lubuaku, Lundu et Kilengo, fait face à une réalité difficile : le manque criant d’infrastructures de base.

Ici, les routes sont devenues des pièges. En saison sèche, ce sont des sentiers poussiéreux, étroits et presque impraticables. En saison de pluie, elles se transforment en torrents de boue, coupant les villages les uns des autres. Il n’est pas rare que les véhicules restent coincés pendant des heures, voire des jours. Ces routes en mauvais état freinent non seulement la circulation des personnes et des biens, mais elles isolent les populations du reste du pays. Ce n’est pas qu’un problème de transport : c’est un drame social, économique et humain.

Les infrastructures sanitaires sont presque inexistantes. Pas de véritable hôpital, peu de postes de santé fonctionnels. En cas de maladie ou d’accident grave, les habitants doivent parcourir de longues distances dans des conditions pénibles pour espérer recevoir des soins appropriés. Et souvent, ils n’y arrivent pas à temps. Les femmes enceintes accouchent dans des conditions déplorables, les enfants souffrent sans suivi médical, et les malades graves sont condamnés à l’attente et à la prière.

Mais la situation la plus poignante reste celle de l’éducation. Dans toute cette contrée, une seule école primaire fonctionne, accueillant tant bien que mal les enfants de plusieurs villages. Lubuaku, Lundu, Kilengo… des localités entières se battent pour envoyer leurs enfants apprendre les bases de la lecture, de l’écriture et du calcul. Et faute de mieux, de nombreux parents prennent une décision douloureuse : envoyer leurs enfants vivre loin d’eux, dans des familles d’accueil ou chez des connaissances, juste pour leur permettre d’aller à l’école. Cela crée des séparations précoces, des ruptures affectives, et expose ces enfants à des situations parfois difficiles, voire dangereuses.

Face à cette réalité, un groupe de jeunes journalistes courageux a décidé de se rendre sur le terrain pour documenter ces souffrances ignorées. Malgré les dangers de la route, les pannes de moto, les longues heures de marche et les nuits sans confort, ils ont traversé ces villages pour écouter les voix oubliées, observer de leurs propres yeux, et relayer une vérité que trop de dirigeants préfèrent ignorer.

Sur leur chemin, ils ont rencontré un homme qui depuis l'époque de Mobutu l. Un homme simple, mais animé d’un rêve : celui de désenclaver sa communauté. Cet homme, malgré ses faibles moyens, s’est lancé dans une initiative presque folle : ouvrir une route à la main, avec des outils rudimentaires, dans l’espoir de relier son village aux autres et de permettre un accès plus facile à l’école, aux soins, et au reste du pays. C’est avec lui que les journalistes ont échangé longuement, écoutant son histoire, sa motivation, ses difficultés et son appel à l’aide et aux respects des droits communautaires et trouvant encore l'assistant du chef de l'un de ces villages pour en parle plus. 

Le reportage qui en résulte est plus qu’un simple témoignage : c’est un cri du cœur, une alerte citoyenne. Il nous rappelle que pendant que certains vivent dans le confort des grandes villes, d’autres luttent chaque jour simplement pour survivre et espérer un lendemain meilleur. Les jeunes reporters ont voulu, à travers cette démarche, honorer la résilience de ces populations, mais aussi interpeller les autorités locales, provinciales et nationales : Jusqu’à quand faudra t-il attendre?

 

s2.jpeg

s1.jpeg